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Module 18 juin

 Discours du général de Gaulle, 13 juillet 1940
 

"Ce soir, veille du 14 juillet, il n'est pas une pensée française qui ne soit pour la France seule. Le slogan d'une France pécheresse, justement punie de ses fautes et qui court à l'expiation, voilà qui convient tout à fait à nos vainqueurs du moment. Voilà qui répond trop bien aux remords et aux intérêts de ceux qui ont capitulé. Pour l'instant, il s'agit de faire tout le possible, activement ou passivement, pour que l'ennemi soit battu. Qu'il le soit et nous renaîtrons, qu'il ne le soit pas et chaque jour il nous brisera, nous pillera, nous étouffera davantage. Prétendre que la France puisse être et demeurer la France sous la botte d'Hitler et le sabot de Mussolini, c'est de la sénilité ou de la trahison. Et c'est encore de la sénilité ou bien de la trahison que de prétendre que la guerre est une entreprise désespérée. Ceux qui le disent à la France, à supposer qu'ils le disent de bonne foi, prouvent qu'ils n'ont rien compris au monde tel qu'il est. Le monde ne se limite pas au champ de bataille sur lequel l'incompréhension de nos chefs nous livra sans moyens à la force mécanique allemande. Le monde comprend une Europe où nos alliés anglais qui, déjà, tiennent les mers et commencent à dominer le ciel, se renforcent chaque jour. Le monde comprend une Afrique, une Asie, une Amérique pleine d'immenses possibilités. Oui, l'ennemi a réussi à réduire plusieurs de ses voisins immédiats. Mais chaque pas en avant le met devant une tâche plus dure. La France même partagée, même pillée, même livrée, n'a pas à jouer perdant"

Questions
1. Présentez l'auteur et le contexte dans lequel il fait sa déclaration.

2. Quelles raisons de Gaulle avance-t-il pour appeler les Français à continuer le combat ?

3. Quels sont les adversaires désignés par l'auteur et leurs arguments ?

4. En quoi ce texte complète-t-il l'appel du 18 juin ?

Eléments de réponse
1. Le 13 juillet 1940, le général de Gaulle est encore peu connu, malgré l'appel à la résistance qu'il a lancé depuis Londres sur les ondes de la BBC le 18 juin précédent. Refusant la soumission de la France du maréchal Pétain, qui vient d'obtenir les pleins pouvoirs, aux volontés hitlériennes, Charles de Gaulle invite ses compatriotes à poursuivre la lutte. La date - veille du 14 juillet - donne au discours de De Gaulle une grande portée patriotique.

2. Des raisons d'honneur : la France ne peut être elle-même sous le joug de l'occupant. Il importe donc qu'elle retrouve sa dignité (que l'ennemi soit battu et "nous renaîtrons").
Des raisons militaires : Charles de Gaulle pense que l'issue de la guerre n'est pas désespérée pour les Français.
Enfin et surtout, des raisons stratégiques : Hitler n'a pas la domination du monde, et nombreux sont les pays qui pourraient, à moyen terme, apporter une aide à la France dans son combat. Charles de Gaulle évoque notamment l'Angleterre et les Etats-Unis, mais aussi l'Afrique et l'Asie où la France a des colonies.

3. Les adversaires évoqués à demi-mot par le général de Gaulle sont les Français ayant opté pour la collaboration, et notamment leur chef, le maréchal Pétain ( le terme "sénilité", utilisé à deux reprises, le désigne de manière sous-entendue). Leurs arguments consistent à expliquer la défaite de la France par les "péchés" commis par celle-ci durant l'avant-guerre. A leurs yeux, le régime républicain et le Front populaire seraient ces principaux péchés. En outre, les dirigeants du régime de Vichy s'accommodent de la main-mise allemande sur la France, dans la mesure où, pour eux, la victoire de l'Allemagne est évidente et inéluctable.

4. Pour cette question, relis l'appel du 18 juin et essaie de repérer les arguments nouveaux développés par de Gaulle...

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