Tout comprendre !
Pour aller plus loin...
S'entraîner
Quelques conseils utiles...
Récréation
Echanges
Surfer avec le général

Commentaires de document pour les troisièmesCommentaires de documents pour les terminales
Compostions pour les troisièmesCompositions pour les terminales

 Module 18 juin
 


3ème étape : La mémoire du 18 juin (suite)

Le 18 juin vu par deux historiens

Jean-Pierre Rioux

" Moment unique, le plus exceptionnel de l'histoire française du siècle. Événement inouï, où l'avenir d'un peuple procède d'un homme seul, et dont ce peuple lui gardera la reconnaissance, viscérale, instinctive. […]
[…] En quelques secondes, l'enjeu est fixé en des termes que nul n'avait osé imaginé mais qu'il connaît aussitôt, le chef est à son poste, la flamme ranimée et le " Ici Londres " grand ouvert. C'est évidemment beaucoup plus que rameuter quelques marins et commandos. Nul ne s'y trompe : c'est dans la prophétie que de Gaulle est ce soir-là le plus seul et le plus porteur d'espoir. "

Jean-Pierre Rioux, De Gaulle, La France à vif, Editions Liana Levi, 2000.


Jean-Louis Crémieux Brilhac

A franchement parler, je ne crois pas qu'aucun Français (et certainement aucun Britannique) ait soupçonné en 1940 que le 18 Juin allait devenir le 18 Juin. De même, les Parisiens qui prirent la Bastille ne soupçonnaient pas que la journée allait devenir " le 14 Juillet ". [...] Comme devant la plupart des grands événements historiques, bien rares durent être ceux qui en devinèrent la portée. […] L'Appel du 18 Juin [...] aura été comme la pierre que lance un montagnard sur un névé : la surface neigeuse frémit à peine, et c'est ensuite, très lentement, qu'elle s'ébranle et glisse, en un mouvement qui lui-même s'étend et se propage jusqu'à entraîner un versant, jusqu'à provoquer une avalanche, tandis que le premier écho d'un faible choc devient un bruit assourdissant.
Le fait est que, si le 18 juin 1940 est devenu " le 18 JUIN " , ce ne fut pas du jour au lendemain. Combien de Français, même parmi les résistants précoces, même parmi les plus fervents gaullistes de France, connaissaient, quatre ans plus tard, au jour de leur libération, la date et le texte de l'Appel ? Du moins ont-ils su très tôt que de Gaulle avait été le premier à exprimer le refus et à le faire savoir, grâce au miracle de la radio - et qu'il avait été apparemment le seul, puisque la brutalité de la défaite avait tétanisé les masses et que le gouvernement du Maréchal avait contraint au silence les rares protestataires potentiels. Ainsi la prise de conscience de ce que représentait le geste du général de Gaulle a sans aucun doute existé largement et précocement parmi les Français, même chez ceux qui n'étaient pas gaullistes.

Jean-Louis Crémieux-Brilhac, historien

Étude du texte

- Selon Jean-Louis Crémieux-Brilhac, les Français perçoivent-ils dès le 18 juin 1940 la dimension exceptionnelle de l'Appel de De Gaulle ? Pourquoi ?
- Pourquoi le 18 juin est-il devenu une date forte dans la mémoire des Français ?

Troisième étape - continuer
1 - 2 - 3

Fondation et Institut Charles de Gaulle
Tous droits réservés